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JCC 2008 : les nouveautés

par Amel Ben Aba

Tunis, 25 octobre-1 novembre 2008

Les Journées Cinématographiques de Carthage 2008 ont donné un souffle novateur à ce festival qui, depuis quelques années, était dans son déclin. A commencer par l’organisation de cette 22ème session confiée pour la première fois à une femme, la productrice de cinéma Dora Bouchoucha qui a su s’entourer d’une équipe expérimentée et enthousiaste composée en majorité de jeunes et de femmes.
Le premier problème résolu, grâce au concours du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, fut celui des conditions de projection très mauvaises dans les salles de cinéma. Au grand soulagement du public des JCC, resté, malgré images floues et son inaudible lors des sessions précédentes, fidèle à ce rendez vous biennal. Autre bonne surprise : catalogues et programmes étaient prêts deux jours avant le coup d’envoi du festival, programmes mis à la disposition de tous.

Une des raisons de l’impressionnante affluence du public de cette 22ème session des JCC : La qualité et la démarche novatrice de la plupart des films sélectionnés en compétition officielle, aussi bien longs et courts métrages cinéma que longs métrages documentaires et courts métrages vidéo. Mais aussi la qualité et la diversité des films des sections parallèles : la section « Cinémas du monde » d’Europe, d’Asie et d’Afrique comprenant pour la première fois Le Festival des Enfants ; Aspects du Cinéma Turc Contemporain ; Un Gros Plan sur le Cinéma D’Algérie ; Un Panorama du Cinéma Tunisien. Et «Contre l’oubli » : 60 ans après la nekba de 1948 (date à laquelle le peuple de Palestine a été spolié de sa terre) onze films documentaires vidéo, actes de résistance par l’image pour restituer l’histoire d’un peuple et le sauver de l’oubli et de la désinformation.

La cérémonie d’ouverture des JCC 2008 a eu lieu, pour la première fois, au Théâtre Municipal, bijou architectural ouvert sur les bruits et les regards de la ville de Tunis. Dont les escaliers ont été recouverts d’un tapis rouge, au grand dam de certains journalistes qui y ont vu un signe d’embourgeoisement des JCC et une imitation de Cannes. Est-ce par nostalgie de l’ancien lieu, le cinéma Le Colisée, situé au fond d’une galerie commerçante et auquel on accède par deux couloirs étroits et éclairés au néon? Paradoxalement c’est ce côté festif avec lequel a renoué le festival qui a été le plus décrié.
Le soir du 25 octobre, une ambiance bon enfant régnait à l’abord du Théâtre. Certes il y’a eu un peu de confusion et de flottement sur les escaliers, pour les photographes qui avaient du mal à distinguer célébrités et simples invités, pour une journaliste de la télévision, campée en haut de l’escalier et sollicitant à grands gestes toute l’attention de la caméra télévisive. A l’intérieur du Théâtre, la magie était au rendez vous : le public présent a été enchanté par la présence sur scène du célèbre chanteur sénégalais, membre du jury international de cette session 2008, Ismael Lô avec harmonica et guitare qui a chanté Malaika sur fond de paysages et de visages d’Afrique. Puis Ghalia Ben Ali, révélation de la chanson tunisienne, a interprété une chanson du répertoire classique arabe, sous l’affiche des JCC aux images de Tanit dansant sur fond de pellicule noire et rouge.

Une cérémonie d’ouverture marquée par la sobriété et la brièveté des discours ainsi que par le souci du plaisir du public nombreux de cinéastes, d’acteurs et d’actrices, de producteurs, de journalistes et de cinéphiles. Soirée retransmise au cinéma Le Mondial ainsi que le film de d’ouverture Le Chaos, dernière œuvre de Youssef Chahine.
Ce fut finalement le tour des membres des 3 jurys de monter sur scène : les sept membres du jury international cinéma présidé l’écrivain algérien Yasmina Khadra , les quatre membres du jury vidéo présidé par le doyen des documentaristes africains Samba Felix N’Diaye du Sénégal et le jury de l’Atelier de Projets composé de 5 membres et présidé par Marco Muller, directeur de la Mostra de Venise. Le but de cet Atelier étant d’assurer l’avenir du cinéma en donnant à des auteurs de scénarios africains et arabes la possibilité d’approfondir leur travail d’écriture grâce à l’octroi, par des organismes de financement internationaux, de bourses. Autre initiative de l’Atelier de Projets 2008 : la création d’un Producer’s Network, pour élargir les possibilités de soutien financier à de jeunes auteurs africains et arabes, porteurs de projets de films, en les mettant en contact avec des producteurs pour la plupart européens.
Marco Muller a également présidé le jury Randa Chahal, présidé également en hommage à la réalisatrice libanaise, auteur de Le Cerf Volant, décédée récemment et Selma Baccar, cinéaste et productrice tunisienne a présidé le prix Lyès Zrelli, premier assistant réalisateur dans un grand nombre de films tunisiens, décédé en aôut dernier.

La cérémonie d’ouverture a été riche en hommages aux disparus chers au cœur des cinéastes, producteurs et cinéphiles. Le cinéaste tunisien Férid Boughdir a concocté un hommage à la fois court et émouvant (à partir d’extraits de documentaires) à 3 figures des JCC et du cinéma africain et arabe : l’Egyptien Youssef Chahine 1(926-2008), le Sénégalais Ousmane Sembène (1923-2007) et le producteur tunisien Ahmed Bahaeddine Attia (1946-2007). D’autre part un hommage a été rendu au producteur français Humbert Balsan , volontairement disparu en 2005 par la projection de quelques uns des films qu’il a produits entre les deux rives de la Méditerranée.

Cependant un grand effort a été fait pour encourager la nouvelle génération de cinéastes, mais aussi de cinéphiles afin d’assurer l’avenir du cinéma.
Autre nouveauté qui s’inscrit dans la volonté d’assurer la transmission, le Jury enfant composé de cinq filles et de quatre garçons de 12 à 14 ans choisis dans les écoles primaires et collèges de 8 villes de Tunisie. Leur accompagnateur, Mahmoud Jemni, inspecteur des écoles primaires et passionné de cinéma, qui les a initiés au langage cinématographiques au cours de 2 rencontres à Kasserine et Kairouan, m’a confié « c’est un vieux projet que je n’ai pu réaliser qu’à la 22ème session des JCC grâce à l’écoute et à l’adhésion immédiate de la directrice du festival ».

Pendant 8 jours, la ville de Tunis a changé d’aspect et d’esprit : foule dès 11h du matin devant les salles de cinéma, présence de jeunes attablés à la terrasse des cafés de l’avenue Habib Bourguiba: techniciens, cinéastes, acteurs de Tunisie, et cinéphiles, étudiants des trois écoles de cinéma de Tunis, assis un cercles mouvants s’élargissant au hasard des rencontres avec d’autres gens du cinéma arabes et africains. Débats passionnés sur les films qu’on vient de voir, interrogations sur l’avenir du 7ème Art dans les pays du Sud. Accueillant celles et ceux de passage, encore sous l’effet des images souvent très fortes, sous le ciel peuplé des oiseaux de l’avenue.

Pour la prochaine session il faudrait prévoir de nouvelles salles de cinéma pour répondre à la demande croissante d’un public de plus en plus jeune et assoiffé de cinéma de qualité tout en maintenant le prix abordable de 1 dinar l’entrée. Et des Journées Cinématographiques plus longues. Car même si l’on va trois fois par jour au cinéma, il est impossible de voir tous les films désirés en seulement huit jours. Films qu’on aimerait voir distribués dans les cinémas rénovés de Tunis et d’ailleurs entre deux sessions. Aussi l’idée de la nécessité de constituer un bureau permanent des JCC afin d’assurer la continuité et la préservation de la mémoire de ce festival est en train de faire son chemin. Pour de futures sessions encore meilleures.

Amel Ben Aba | Journées Cinématographiques de Carthage 2008

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